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Fiche pratique

DĂ©tention provisoire

Vérifié le 18/03/2020 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre), MinistÚre chargé de la justice

La dĂ©tention provisoire est l'emprisonnement d'une personne poursuivie en matiĂšre pĂ©nale, mais qui n'a pas encore Ă©tĂ© jugĂ©e. Cette dĂ©tention ne peut ĂȘtre ordonnĂ©e que dans les conditions prĂ©vues par la loi, et pour une durĂ©e limitĂ©e. Les rĂšgles varient suivant la procĂ©dure pĂ©nale suivie : information judiciaire, comparution immĂ©diate ou comparution sur reconnaissance prĂ©alable de culpabilitĂ© (plaider coupable).

Une information judiciaire est une enquĂȘte dirigĂ©e par un juge d'instruction. Elle vise Ă  rassembler les preuves de culpabilitĂ© ou d'innocence d'une personne soupçonnĂ©e d'avoir commis une infraction. La personne poursuivie peut ĂȘtre placĂ©e en dĂ©tention provisoire pendant la phase de l'information judiciaire . Les conditions de placement en dĂ©tention provisoire, la procĂ©dure Ă  suivre et la durĂ©e de dĂ©tention sont encadrĂ©es par la loi.

La dĂ©tention provisoire peut ĂȘtre ordonnĂ©e dans les deux cas suivants :

La dĂ©tention provisoire peut ĂȘtre ordonnĂ©e uniquement si un contrĂŽle judiciaire ou le port d'un bracelet Ă©lectronique est insuffisant pour :

  • conserver les preuves ou les indices matĂ©riels
  • ou empĂȘcher une pression sur les tĂ©moins ou les victimes ou leur famille
  • ou empĂȘcher une concertation frauduleuse entre la personne mise en examen et ses coauteurs ou complices, pour les empĂȘcher d'inventer un alibi par exemple
  • ou garantir le maintien de la personne mise en examen Ă  la disposition de la justice
  • ou mettre fin Ă  l'infraction ou prĂ©venir son renouvellement
  • ou mettre fin au trouble exceptionnel et persistant Ă  l'ordre public gĂ©nĂ©rĂ© par l'affaire. Ce trouble ne peut rĂ©sulter du seul retentissement mĂ©diatique de l'affaire. Ce motif est applicable uniquement pour un crime.

  À savoir

La dĂ©tention provisoire peut aussi ĂȘtre ordonnĂ©e lorsque la personne mise en examen n'a pas respectĂ© ses obligations de contrĂŽle judiciaire ou d'assignation Ă  rĂ©sidence avec surveillance Ă©lectronique.

Saisine du juge des libertés et de la détention

La détention provisoire est demandée par le juge d'instruction.

Il saisit alors un autre magistrat, le juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention (JLD), qui statuera sur la demande de placement en dĂ©tention provisoire. Le JLD reçoit la personne concernĂ©e. Elle peut ĂȘtre assistĂ©e de son avocat.

La dĂ©cision dĂ©finitive n’interviendra qu’aprĂšs un dĂ©bat contradictoire, et la personne mise en examen a le droit de demander un dĂ©lai pour prĂ©parer sa dĂ©fense.

Procédure

Par ordonnance, le juge des libertés et de la détention peut ordonner ou refuser :

  • le placement en dĂ©tention provisoire,
  • ou le placement sous contrĂŽle judiciaire,
  • ou le placement sous bracelet Ă©lectronique,

Il statue par ordonnance motivée et notifiée à la personne mise en examen.

L'ordonnance peut ĂȘtre contestĂ©e devant la cour d'appel par la personne mise en examen ou par le procureur.

OĂč s’adresser ?

La durĂ©e de la dĂ©tention provisoire n'est pas la mĂȘme pour un dĂ©lit et un crime.

  • La durĂ©e totale ne peut pas excĂ©der 4 mois, si les 2 conditions suivantes sont remplies :

    • il n'y a pas de condamnation antĂ©rieure pour crime, et ni de peine de prison ferme supĂ©rieure Ă  1 an
    • l'infraction poursuivie est punie d'une peine de prison infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  5 ans.

    Dans les autres cas, la dĂ©tention provisoire peut ĂȘtre prolongĂ©e tous les 4 mois aprĂšs dĂ©bat contradictoire. La durĂ©e totale de la dĂ©tention provisoire peut alors aller jusqu'Ă  1 an.

    Toutefois, la durée maximale est portée à 2 ans :

    • si un fait constitutif de l'infraction a Ă©tĂ© commis hors de France (par exemple, si un trafiquant a achetĂ© sa marchandise Ă  l'Ă©tranger)
    • ou s'il s'agit de certains dĂ©lits graves punis de 10 ans de prison (trafic de stupĂ©fiants, terrorisme, association de malfaiteurs, proxĂ©nĂ©tisme, extorsion de fonds, dĂ©lit en bande organisĂ©e).

    Dans ces 2 cas, la chambre de l’instruction de la cour d’appel peut prolonger, Ă  titre exceptionnel, la dĂ©tention de 4 mois. La dĂ©tention peut alors durer 2 ans et 4 mois.

  • La durĂ©e initiale du placement en dĂ©tention provisoire ne peut pas excĂ©der 1 an.

    Le JLD peut prolonger aprÚs débat la détention par périodes successives de 6 mois maximum.

    La durée totale de la détention est limitée à :

    • 2 ans, lorsque la personne mise en examen risque une peine infĂ©rieure ou Ă©gale Ă  20 ans,
    • 4 ans, pour certains crimes graves : multiples meurtres ou viols, trafic de stupĂ©fiants, terrorisme, proxĂ©nĂ©tisme, extorsion de fonds, crime commis en bande organisĂ©e...,
    • 3 ans, dans les autres cas.

    Les durĂ©es maximales de dĂ©tention sont augmentĂ©es d’1 an lorsque l'un des faits constitutifs de l'infraction a Ă©tĂ© commis hors de France. Par exemple, si des armes ont Ă©tĂ© achetĂ©es Ă  l'Ă©tranger.

     Ă€ noter

    la chambre de l'instruction de la Cour d'appel peut prolonger exceptionnellement la détention provisoire de 4 mois supplémentaires, une ou deux fois.

La personne en dĂ©tention provisoire peut ĂȘtre privĂ©e de correspondance Ă©crite avec des personnes nommĂ©ment dĂ©signĂ©es pendant une pĂ©riode maximale de 10 jours, pour l'un des motifs suivants :

  • NĂ©cessitĂ©s de l'instruction
  • Maintien du bon ordre et de la sĂ©curitĂ©
  • PrĂ©vention du renouvellement de l'infraction.

Cette dĂ©cision peut ĂȘtre prise par le juge d'instruction, le procureur de la RĂ©publique ou le procureur gĂ©nĂ©ral. Elle doit ĂȘtre motivĂ©e et notifiĂ©e par tout moyen et sans dĂ©lai Ă  la personne qui en fait l'objet.

La décision peut faire l'objet d'un recours écrit auprÚs du président de la chambre de l'instruction. Il doit statuer dans un délai d'un mois, par une décision écrite et motivée, mais non susceptible de recours.

La personne placée en détention provisoire ou son avocat peut demander sa mise en liberté. Elle doit adresser sa demande au juge d'instruction, ou au tribunal si l'instruction est clÎturée.

La mise en libertĂ© peut Ă©galement ĂȘtre ordonnĂ©e d'office par le juge d'instruction.

Le procureur de la RĂ©publique peut aussi la requĂ©rir Ă  tout moment. Si le juge d’instruction n’ordonne pas la mise en libertĂ©, alors il transmet le dossier au juge des libertĂ©s et dĂ©tention (JLD) qui statuera sur le maintien ou non en dĂ©tention provisoire.

Dans tous les cas, la personne placĂ©e en dĂ©tention provisoire doit ĂȘtre immĂ©diatement libĂ©rĂ©e si :

  • les conditions de mise en dĂ©tention provisoire ne sont plus remplies (par exemple, si tous les protagonistes ont Ă©tĂ© entendus et qu'il n'y a plus de risque de concertation)
  • ou si la dĂ©tention provisoire excĂšde une durĂ©e raisonnable.

Si le mis en examen est libĂ©rĂ©, il peut ĂȘtre soumis Ă  un contrĂŽle judiciaire ou Ă  une assignation Ă  rĂ©sidence avec surveillance Ă©lectronique.

  À savoir

La personne placĂ©e en dĂ©tention provisoire ou son avocat peut demander une autorisation de sortie provisoire sous escorte, pour des raisons exceptionnelles. En cas de refus du juge d'instruction, un recours peut ĂȘtre introduit auprĂšs de la chambre de l'instruction.

La comparution immĂ©diate est une procĂ©dure qui permet de juger une personne le jour mĂȘme de la fin de sa garde-Ă -vue. Si la personne ne peut ĂȘtre jugĂ©e le jour mĂȘme, elle peut ĂȘtre placĂ©e sous contrĂŽle judiciaire ou mise en dĂ©tention provisoire en attendant son procĂšs.

La dĂ©tention provisoire peut ĂȘtre ordonnĂ©e uniquement si un contrĂŽle judiciaire ou le port d'un bracelet Ă©lectronique est insuffisant pour remplir l'un des objectifs suivants :

  • Conserver les preuves ou les indices matĂ©riels
  • EmpĂȘcher une pression sur les tĂ©moins ou les victimes ou leur famille
  • EmpĂȘcher une concertation frauduleuse entre la personne poursuivie et ses coauteurs ou complices (invention d'un alibi par exemple)
  • Garantir la prĂ©sence de la personne Ă  son procĂšs
  • Mettre fin Ă  l'infraction ou prĂ©venir son renouvellement

Saisine du juge des libertés et de la détention

La détention provisoire est demandée par le procureur.

Il saisit alors un autre magistrat, le juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention (JLD), qui statuera sur la demande de placement en dĂ©tention provisoire. Le JLD recevra la personne concernĂ©e. Elle peut ĂȘtre assistĂ©e de son avocat.

DĂ©cision

Par ordonnance, le juge des libertés et de la détention peut ordonner ou refuser :

  • le placement en dĂ©tention provisoire,
  • le placement sous contrĂŽle judiciaire,
  • le placement sous bracelet Ă©lectronique,

Il statue sans débat par ordonnance motivée et notifiée à la personne mise en examen.

La décision du JLD n'est peut pas faire l'objet d'appel.

 Ă€ noter

si la personne est relaxée à l'issue de son procÚs, elle peut réclamer des indemnités pour détention injustifiée.

La personne est maintenue en détention jusqu'à son procÚs, qui doit avoir lieu dans les 3 jours ouvrables suivant la décision du juge.

  À savoir

si la personne n'est pas placée en détention provisoire, le procÚs doit avoir lieu dans un délai de 10 jours à 6 mois.

La personne placĂ©e en dĂ©tention provisoire doit ĂȘtre remise en libertĂ© si le procĂšs n'a pas eu lieu dans les 3 jours ouvrables suivant sa mise en dĂ©tention.

Le "plaider coupable" ou comparution sur reconnaissance prĂ©alable de culpabilitĂ© (CRPC) est une procĂ©dure utilisĂ©e en matiĂšre pĂ©nale. Elle permet de sanctionner rapidement l'auteur d'une infraction et d'Ă©viter qu'un procĂšs ait lieu. Le procureur propose une peine Ă  la personne poursuivie, qui doit l'accepter et surtout reconnaĂźtre sa culpabilitĂ©. La personne qui va ĂȘtre jugĂ©e suivant la procĂ©dure du "plaider coupable" peut ĂȘtre placĂ©e en dĂ©tention provisoire.

La dĂ©tention provisoire peut ĂȘtre prononcĂ©e uniquement si :

  • la personne est poursuivie dans une procĂ©dure de comparution sur reconnaissance prĂ©alable de culpabilitĂ©,
  • le procureur propose une peine supĂ©rieure ou Ă©gale Ă  2 mois fermes d'emprisonnement avec exĂ©cution immĂ©diate,
  • et que la personne demande un dĂ©lai de rĂ©flexion de maximum de 10 jours avant d'accepter la sanction proposĂ©e par le procureur.

La dĂ©tention provisoire peut ĂȘtre ordonnĂ©e uniquement si un contrĂŽle judiciaire ou le port d'un bracelet Ă©lectronique est insuffisant pour remplir l'un des objectifs suivants :

  • Conserver les preuves ou les indices matĂ©riels
  • EmpĂȘcher une pression sur les tĂ©moins ou les victimes ou leur famille
  • EmpĂȘcher une concertation frauduleuse entre la personne poursuivie et ses coauteurs ou complices (invention d'un alibi par exemple)
  • Garantir la prĂ©sence de la personne Ă  son procĂšs
  • Mettre fin Ă  l'infraction ou prĂ©venir son renouvellement

Saisine du juge des libertés et de la détention

La détention provisoire est demandée par le procureur.

Il saisit alors un autre magistrat, le juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention (JLD), qui statuera sur la demande de placement en dĂ©tention provisoire. Le JLD recevra la personne concernĂ©e. Elle peut ĂȘtre assistĂ©e de son avocat.

DĂ©cision

Par ordonnance, le juge des libertés et de la détention peut ordonner ou refuser :

  • le placement en dĂ©tention provisoire,
  • ou ordonner le placement sous contrĂŽle judiciaire,
  • ou ordonner le placement sous bracelet Ă©lectronique,

Il statue par ordonnance motivée et notifiée à la personne mise en examen.

L'ordonnance peut ĂȘtre contestĂ©e devant la Cour d'appel par la personne mise en examen ou par le procureur. La chambre de l'instruction de la Cour d'appel confirmera ou non l'ordonnance du juge des libertĂ©s et de la dĂ©tention.

OĂč s’adresser ?

La personne reste détenue jusqu'à sa nouvelle présentation devant le procureur pour que la CRPC ait lieu. . Elle doit dire lors de cette présentation si elle accepte ou non la peine proposée par le procureur.

Cette nouvelle présentation doit avoir lieu entre 10 et 20 jours aprÚs le placement en détention provisoire.

Le prévenu qui est détenu peut correspondre avec toute personne de son choix, à condition que le procureur de la république ne s'y oppose pas.

Le courrier peut ĂȘtre contrĂŽlĂ© par l'administration pĂ©nitentiaire, qui peut le garder dans deux cas :

  • lorsque le courrier met en danger le maintien du bon ordre et de la sĂ©curitĂ©
  • lorsque le courrier peut ĂȘtre un obstacle Ă  la rĂ©insertion du dĂ©tenu.

Dans ce cas, l'administration pénitentiaire prévient le détenu qu'elle a retenu un courrier.

Mais les courriers Ă©changĂ©s avec les correspondants suivants ne peuvent jamais ĂȘtre contrĂŽlĂ©s :

  • l'avocat,
  • l'aumĂŽnier,
  • le personnel de l'administration pĂ©nitentiaire
  • le personnel mĂ©dical
  • certaines autoritĂ©s administratives et judiciaires, françaises et internationales (exemple : le contrĂŽleur gĂ©nĂ©ral des lieux de privation de libertĂ©).

La personne placĂ©e en dĂ©tention provisoire doit ĂȘtre remise en libertĂ© si le procĂšs n'a pas eu lieu dans les 20 jours.

La personne placée en détention provisoire ou son avocat peut demander sa mise en liberté. Elle doit adresser sa demande au JLD.

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